Pas de quartier pour ce genre de réunion
mardi 25 octobre 2005, par Franck Henry
Mardi 27 septembre 2005, vers les 20 heures. Le préau de l’école Queneau fait salle comble. Du jamais vu pour une réunion de quartier. 250 à 300 habitants avaient fait le déplacement pour un événement qui se veut, dixit l’éditorial du Maire, « un bel exemple de démocratie participative ». [1] Un entrefilet paru le matin même dans le Parisien annonçait la couleur : « Des habitants en colère s’invitent à la réunion ». Et la couleur était plutôt de teinte rouge foncée. Jusqu’à minuit tant les débats furent passionnés. Retour sur une certaine vision démocratique du Maire. Très très participative...
Bienvenue dans un monde merveilleux
Après le traditionnel rappel des règles du jeu [2], Jean-Loup Metton se lance dans un détail habile des réalisations effectuées, des réponses apportées aux questions soulevées lors de la précédente réunion de quartier (soit un an auparavant). Il se transforme même en ambassadeur culturel pour rappeler les différentes manifestations organisées par la Mairie et certaines associations de quartier. Une redite pour tout lecteur de Montrouge Magazine. L’occasion, durant cette demie heure traditionnelle, de marteler une communication municipale rôdée, une vision idéale de la ville allant de l’environnement au scolaire en passant par la voirie. Ainsi, apprend-on que la Mairie se préoccupe d’environnement avec la création de « jardin d’angle » comme celui de la Villa Leblanc [3] Les décisions se prennent en « concertation avec les habitants », « à la demande des parents d’élèves ». Les constructions visent à offrir des « bâtiments harmonieux ». Et cerise sur le gâteau, des pépites d’auto congratulations : « Montrouge est en matière de tri sélectif l’une des premières communes du 92 », « Montrouge est la ville la plus généreuse [pour le Téléthon - ndlr] de notre département », « Montrouge est l’une des villes d’Ile de France qui fait le plus pour le commerce ». Les autres communes apprécieront...
Le « C’est à vous »
A ces mots, la soirée bascula en un combat acharné. D’un côté, une grande majorité d’habitants inquiets par un projet de création d’un centre commercial de 8000 m2 en centre ville, par l’uniformisation architecturale de la ville via la construction d’immeubles de standing et ses conséquences directes (expropriation, difficultés de logements pour les revenus modestes, manque de places dans les crèches, écoles et centres de loisirs... ). De l’autre un Maire, sourires aux lèvres, encaissant question sur question mais inflexible, sûr de lui, se ressaisissant, puisant dans son capital énergétique pour répondre aux sollicitations précises et argumentées de l’assistance. Sans convaincre. Et des habitants de lui reprocher son maniement de la « langue de bois ». Entouré de ses conseillers mais seul dans un rôle de « one man show » [4], Jean-Loup Metton se confrontait à un mode d’expression directe qu’il a lui même institué et qui s’est, pour une fois retournée, en son contraire : interpellations directes, hurlements, protestations, prises de paroles intempestives... Bien loin d’une démarche de démocratie participative : travail en co-décision, préparation amont des problèmes soulevés, mixage des modes d’expressions (conseils de quartier, réunions thématiques, budgets participatifs, ... ) [5]. Un lapsus du Maire traduit ce gouffre démocratique : « Si vous ne me laissez pas parler, vous n’aurez pas la réponse que vous attendez. » La démocratie participative ne se résume pas à poser des questions. Au risque d’être impuissant face aux réponses apportées et non souhaitées.
Il y a vie dans ville
Excédé, un habitant s’exclame : "On essaye de vous faire entendre des choses que vous n’entendez pas !". Ce divorce politique entre une communication lisse et sans aspérité du Maire et la réalité de terrain exaspère une grande partie de la population présente. Et interpelle la majorité silencieuse qui prédominait jusqu’alors. Ariane Mnouchkine [6], résume à elle seule, le sentiment partagé : « Vous nous répondez sur la légalité d’un permis [de construire - ndlr] et nous on vous parle de la vie des gens, de plus de concertation. Est-ce qu’on doit toujours construire des immeubles monstrueux et tuer le style de Montrouge ? » Et de poursuivre : « Tout le monde vous demande de nous dire votre rêve et de voir si on le partage. » Du rêve, on n’en saura rien. Par contre, la contre-offensive se prépare à travers la création de trois associations : Particip’actif [7] (sur le champs de la démocratie participative à Montrouge ), Montrouge Notre village [8] (en réaction au projet de création du centre commercial en cœur de ville) et monMontrouge [9] (en réaction à la construction d’un immeuble au carrefour Amaury Duval et Louis Rolland). Comme quoi la démocratie participative passe par une appropriation des problématiques locales par les habitants eux-mêmes. Et non sur un simple mode de questions - réponses ou une communication municipale bien huilée.
Lire également : Un si joli petit village.
[1] Extrait de l’éditorial de Jean-Loup Metton dans Montrouge Magazine n°64.
[2] « une question à la fois pour que tout le monde puisse poser sa question », « Celui qui a le micro pose sa question », « Parler de questions d’intérêt général »...
[3] Lire l’article « Au coin de la Villa Leblanc ».
[4] Lire l’article « Ze one man show » d’une réunion de quartier, deux ans plus tôt.
[5] Lire les articles de la rubrique « Réflexions démocratiques ».
[6] Cheffe de troupe du Théatre du Soleil.
[7] Particip’actif - 36 rue Racine 92120 Montrouge - Tél : 06.17.58.47.02. - Courriel : participactif@laposte.net. Voir article « Quand Particip’actif participe ».
[8] Association « Montrouge Notre Village » - 30 rue Sadi Carnot - 92120 Montrouge - Tél : 06.14.87.26.95. - Courriel : montrougenotrevillage@yahoo.fr - Blog Internet : http://montrougenotrevillage.over-blog.com/.
[9] Association monMontrouge - Courriel : m@monmontrouge.com - Site Web : http://monmontrouge.com.
Bravo pour ceux qui etaient à la réunion à Queneau , j’y allais avant de demenager
Cette année, je suis allée a celle de Buffalo donc depend ma rue, et comme d’hab il y a tres peu de jeune , nous sommes 3 parents à avoir pris la parole , coté jeune sans enfant ?? un papa de boileau une maman de bufallo moi de berthelot
J’ai trouvé la réunion bien orchestrer , deja petit discours d’une heure , limite je m’endors je connais déjà le discours c’est le mm que d’habitude.
bon apres des questions gentillettes surtout une question à la fois , perso j’ai plein de question et les questions sur le chien de patati fait caca devant chez nous ... no comment ![]()
il est vrai que pendant la réunion une personne qui fait toutes les réunions de la ville à apostropher le maire qui s’en est sorti tranquille comme d’hab
en tout cas pour ceux qui depend de la réunion de quartie de Buffalo , l’an prochain faite un effort déplacer vous !!! je sais que nous sommes nombreux bon en attendant vous pouvez toujours ecrire via mail à la mairie , j’ai deja eu 2 réponses pour la fermeture des parc tôt c’est la faute des 35 h pour un velo rouillé completement mort , la mairie l’a enlevé
Fred