Quand le vélo déraille à Montrouge
vendredi 20 octobre 2006, par Franck Henry
Les préoccupations environnementales et écologiques prennent une part de plus en plus importante dans le débat de société actuel. Gaz à effet de serre, déréglementation climatique, pollution… constituent quelques uns des maux de nos modes productivistes à dimension intensive [1].
« Energivore, polluant et sans signal de modération de ses impacts, le transport routier est le secteur le plus préoccupant en termes de dérèglement climatique et de mauvaise qualité de l’air dans les villes. Dépendant du pétrole à 90 %, il est responsable de 38 % des émissions de CO2 d’origine humaine, en grande partie à cause des voitures particulières » [2]. Les modes de déplacements, qu’ils soient internes à notre commune ou de transit (intra banlieue, via Paris), nous amènent à réfléchir sur les modalités alternatives face à l’omniprésence de la voiture. Par essence (si l’on peut dire) les circulations douces sont non polluantes : marche à pied, vélo, roller, trottinette… Ces modes de déplacements bio peuvent se combiner avec les transports en commun (bus, tramway, métro). Qu’en est-il à Montrouge ? Existe-t-il une politique volontariste en faveur des circulations douces ? Plus spécifiquement, quelles actions concrètes sont réalisées pour faciliter le déploiement du vélo sur notre territoire ? Tour d’horizon des intentions aux décisions.
Une circulation douce voire feutrée
Lors de la rencontre publique organisée par la municipalité de Montrouge le 20 décembre 2005 sur les « Déplacements », les « circulations douces » ont été un leitmotiv récurrent : « relier la coulée verte, développer un réseau de pistes cyclables, sécuriser les extrémités des parcours, aménager les carrefours dès lors qu’ils sont en travaux pour faciliter les traversées douces, prévoir des revêtements adaptés aux rollers, prévoir des cheminements piétonniers en ville pour inciter les gens à se déplacer à pied, prévoir des stationnements vélo… » [3].
Et le Maire de conclure cette soirée débat : « l’inconvénient de la densité doit être perçu comme un atout : celui de faciliter la proximité et donc les déplacements doux ». Dont acte mais de l’intention aux actes, il y a comme un déraillement dans l’air.
Il est amusant de se replonger dans le bilan de mi-mandat 2004 de Jean-Loup Metton (Maire UDF de la ville depuis 1994) couvrant une prospective jusqu’en 2007 pour s’apercevoir (ou se convaincre ? ) du vide en la matière. Certes, « la réouverture de l’aqueduc de la Vanne en promenade paysagée » est envisagée mais pour préciser que ce projet « n’est pas sur la commune, ni sur notre département » ! Joli altruisme alterlocaliste. Quand à la « création de zones piétonnes ou semi-piétonnes », elles restent sans détails. Faut-il des ZAC pour obtenir des zones piétonnes ? A Montrouge, oui.
Quant au déplacement à vélo, il ne semble même pas traverser l’esprit de nos décideurs locaux en 2004. A leur crédit, les résultats sur ce thème sont inexistants. Au moins, les futures réalisations compteront-elles doubles !
PDU ou Pédale Douce Ubuesque ?
L’analyse comparée du Plan de Déplacement urbain (PDU) Montrougien [4] et du diagnostic du Plan local d’urbanisme (PLU) non voté en date de mai 2006 vaut son pesant de surprises : en 6 ans, aucune évolution notable en faveur du vélo malgré des contraintes réglementaires de 1996
[5]. A croire que le sujet roule sur lui-même.
Trafic routier, axes de déplacement, flux de circulation, modes de déplacement utilisés… Autant de données non actualisées depuis 1999 ! Quelles sont les distances parcourues entre le lieu de travail et le domicile ? Les temps de trajet par mode de circulation utilisé ? Le nombre de véhicules par jour sur les différents axes principaux de la ville ? Quelle part du trafic occupent les livraisons commerciales (dont Poids Lourds) ? Quelle est l’évolution constatée sur 6 ans ? Quelles articulations et maillages le PDU propose-t-il avec les communes limitrophes ? Autant de questions qui ne trouveront pas réponses.
On pédale dans la semoule.
Un trottoir n’est pas une chaussée
Tout aussi étonnant est d’apprendre que le tracé cycliste émanerait du Maire en personne. Avec quelle concertation ? Auprès de cyclistes urbains pratiquants ? En effectuant des repérages sur le terrain ? On est en droit d’en douter. En 2006, il n’y a aucune piste cyclable sur notre territoire, aucune bande cyclable. Tout juste de rares sites mixtes bus et vélo. Et encore, la portion de l’avenue de la République, face au commissariat, est occupée par le stationnement de voitures, empêchant son accès.
Sans compter des lignes de bus telles que la départementale 906 où le choix se fait pour le bus ou pour le vélo, mais pas pour les deux. Dans les documents tant du POS que du diagnostic PLU sur les déplacements, il y a confusion systématique entre « piste cyclable » [6], « bande cyclable » [7] et « site propre » (couloir de bus ouvert aux vélos), avec le concept générique de « liaisons cyclables » (sorte de fourre-tout générique imprécis). Or, à preuve du contraire, un trottoir n’est pas une chaussée. Les principaux axes pour le vélo sont situés en périphérie de la ville (départementales 906 et 62, nationale 20) : là où le trafic automobile est le plus dense, pollué et bruyant. Les seuls axes internes concernent la rue Gabriel Péri (Malakoff – Gentilly) et l’avenue Jean Jaurès (Mairie de Montrouge – Châtillon). Seule évolution perceptible depuis 2006 : la mise en place de parkings 2 roues (en douce cohabitation avec les motards). Maigre consolation.
Qui n’a pas souhaité se promener à vélo en famille ? Il faut être kamikaze pour le faire à Montrouge. Or, quotidiennement, de plus en plus de personnes prennent leur cycle pour de courts trajets. Une municipalité a le pouvoir local de développer une politique autonome et volontariste en matière de circulation douce. Mais du discours aux actes, il y a un changement de braquet à enclencher. Pour le bien-être de notre ville et de notre environnement.
La suite : "Changeons d’air : développons le vélo à Montrouge !" où nous montrerons des actions possibles à mettre en place.
[1] Pour une approche synthétique sur le sujet, lire « Le changement climatique – une nouvelle ère sur la Terre » d’Yves Sciama – Petite encyclopédie Larousse, 2005, 128 pages, ouvrage disponible à la médiathèque de Montrouge.
[2] Extrait de « Consommer vert », dossier d’octobre - novembre 2006 de 60 millions de consommateurs, revue disponible à la médiathèque de Montrouge.
[3] Document de synthèse réalisé par Sophie Desvallées et Gilles-Laurent Rayssac de Res publica.
[4] Le PDU est intégré au Plan d’Occupation des Sols (POS) de novembre 2000.
[5] « A compter du 1er janvier 1998, à l’occasion des réalisations ou des rénovations de voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables, pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du Plan de Déplacement Urbain quand il existe. » Article 20 de la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie.
[6] Section de chaussée spécifique dévolue exclusivement aux cyclistes et matériellement isolée des voies de circulation des véhicules motorisés, et distincte des trottoirs en ville.
[7] Voie contiguë à la chaussée, réservée aux cyclistes, délimitée par des bandes blanches peintes au sol et pouvant être complétée par une signalisation.
Superbe article. Je me souviens avoir entendu le maire dire qu’il regardait beaucoup se qui se faisait de bien à Paris. Il n’a pas dû voir le succès des aménagements cyclistes à Paris...
Tant pis pour les voitures. Le manque d’aménagements ne m’empêche pas de rouler en vélo. C’est juste que je bloque malheureusement beaucoup de voitures quand je le fais dans Montrouge. Tout ça parce qu’il n’y a pas de belles pistes cyclables faites pour me permettre de laisser la chaussée aux voitures. A tous les automobilistes coincés derrière moi : vous savez à qui vous adresser pour que ça change.
Effectivement, où avez-vous lu "qu’il faut interroger les cyclistes pratiquants" ? Pas dans cet article en tout cas ![]()
On peut mutuellement se rejetter la balle : les automobilistes grillent les feux, les cyclistes roulent sur les trottoirs, les piétons marchent en plein milieu d’une route... Mais à quoi celà sert-il au juste ? Sinon que d’animer le feu (rouge, orange, vert) qui vous anime ? Un feu de paille et de religion. A la Croisée des chemins... pour reprendre votre analogie !
La voirie est un espace partagé. A chacun d’entre nous, Montrougiens d’ici ou d’ailleurs, de respecter cet espace public. Automobilistes, cyclistes et... piétons. Pratiquants ou non. Mais nativement pédestres.
Outre les relancements de balles et de blame et en prenant l’hypothèse que tout le monde est galant et pense aux autres avant soi-même si nous avons la place pour s’exprimer... que peut-on faire pour demander plus d’aménagements à la mairie ?
Nonseulement est-ce difficile de circuler dans Montrouge mais la traversée de la Porte d’Orléans pour entrer dans Paris est un véritable chemin de mines (pour sortir ca va ; l’Avenue de la Porte de Montrouge est très bien aménagée).
Quid d’aménager l’aqueduc qui mène au réservoir de Montsouris en piste cyclable par exemple... ?
Vous avez vu beaucoup de piétons qui marchaient en plein milieu des routes ? ces malheureux ne survivraient pas longtemps ; soyons sérieux. Moi, j’en vois qui traversent les voies sur les passages dits protégés au péril de leur vie ( on ne peut rester éternellement du côté de la rue où l’on habite), automobilistes, motocyclistes comme cyclistes ne leur font pas de cadeau ; pourtant le piéton est prioritaire, en ce cas. On peut constater que sur Paris le nombre de piétons tués a augmenté ces dernières années
Vous avez raison tous nous sommes naturellement et nativement des piétons, alors pourquoi tant de rancoeur de la part de ces trés minoritaires que sont les cyclistes, "non nativement et non naturellement cyclistes" comme les automobilistes ne le sont pas non plus ? Pourquoi aménager des pistes cyclables sur des "espaces créés" à la place d’ autres , soustraits notamment aux transports en commun, sauf dans le cas où l’on peut créer des pistes en site propre, ce qui n’est guère possible à Montrouge ? C’est vrai que les cyclistes sont en ce sens des "bobos" qui estiment que tout leur est dû sans eux-même ne rien devoir à la société, des gens plus intransigeants pour les autres qu’ils le sont pour eux-même. Des gens qui ont des conseils à donner sur tout ce qui n’est que leur intérêt personnel et égoïste. Essayons de penser aux enfants, aux personnes âgées, au handicapés et à tant de gens qui marchent à pied parce que c’est leur besoin le plus strict , leur droit le plus strict et qu’il veulent et doivent être respectés, même par les minorités agissantes .
Le vélo est interdit à Montrouge that all il faut se faire une raison !!!
Tient MissFred a peter un plomb ???
Et oui un beau lorsqu’elle aprrend que le vélo est interdit sauf pour les tous petits dans les parcs de montrouge, mais où les enfants de 6 à 10 ans peuvent t il faire du vélo ???
bonjour, encore un exemple je viens de passer par la place de guerchy et la rue théophie gautier ; cette rue piétonne est barrée par des passe piétons ... je me demande comment les handicapés avec leur fauteuil roulant et les cyclistes font pour passer.... c’est tout simplement impossible.... à moins d’un miracle pour que les handicapés portent leur chariot au dessus de leur taille ! Je trouve que l’accès est même difficile pour les piétons.
encore une grosse connerie de la municipalité !
pour ce qui est du vélo ... je le pratique tous les jours et c’est la guerre il faut se frailler un chemin, il faut être jeune et rouler à la même allure que les voitures ou bus !
D’ailleurs je trouve que pour un piéton la situation est la même : le trottoir est occupé par des panneaux, des devantures de commerce qui n’ont rien à faire sur les trottoirs, des pots de fleurs....
bref je trouve que l’architecture de notre ville n’est pas du tout adapté à nous les piétons et cyclistes