Autrement dit... Fleurs et Déco.
jeudi 7 décembre 2006, par Etienne Lang
AUTREMENT DIT… FLEURS au 132 avenue de la République : passez la
porte… Un comptoir à droite, une pyramide de bouquets à gauche, des cactées ici, des orchidées là, plus loin des plantes vertes, un coin canapé avec une table basse et un rayonnage de livres sur l’art floral, plus loin encore les établis où se préparent les compositions, sans oublier les pots et les vases choisis avec soin. Des éclats de couleur partout, sur un fond de métal et de verre avec un sol gris anthracite. Un vaste espace organisé en profondeur dans lequel s’affairent Pierre, le patron, Christelle, une apprentie qui a pris le pli des fleurs , Mélina, l’employée.

Ressortez et faites quelques pas le long du même immeuble : vous tombez sur la devanture en bois de la boutique DECO. A l’intérieur, dans un cadre aux tons jaune et rouge, s’exposent les Arts de la table dans tous les sens du terme. Comestible : du diamant de sel d’Himalaya avec sa râpe, du chocolat au piment d’espelette, du vinaigre étrusque à base de figue ou de l’huile à la pistache, de la piétinade de pois chiches ou des patiences à la violette… on dirait un inventaire à la Prévert. Non comestible : un coffret zen à thé, un lustre porte-couverts, des bougies I love you, un journal intime à couverture en feutre, des plats à four en forme de cœur, des verres de couleur culbuto ... et bien d’autres objets qu’on n’arrête pas de découvrir. Dans cet espace intime officie Jacqueline.

Quel rapport entre ces lieux ? Ce sont des complices qui ont ouvert les deux boutiques, Pierre et Jacqueline, dans le même esprit d’une certaine esthétique de la vie. Plaisir des yeux et plaisir de la bouche – tous les sens sont en éveil.
Ils travaillaient dans la restauration à Bercy expo ou au bar club La Casbah et habitaient déjà Montrouge. Pierre a profité d’une reconversion pour suivre une formation de fleuriste ; il a travaillé ensuite rue Daguerre deux ans durant. « Le patron n’était jamais là » remarque Jacqueline, « c’est Pierre qui gérait la boutique tout seul, on s’est dit : autant bosser pour nous… ».
Un jour, ils remarquent une pancarte « bail à céder » sur une boutique de vêtements pour enfants. Le bail est racheté et le local est loué à l’OPHLM. Démarrage en septembre 2000, avec peu de moyens, juste l’aide d’un prêt familial. La première année, Jacqueline travaille encore à l’extérieur et fait des livraisons de fleurs le soir… mais, très rapidement, la boutique prend racine.
La journée de travail ? On est loin des 35 heures. « Lever à 4 heures du matin trois fois par semaine pour aller à Rungis, fermeture à 20 heures, deux heures d’arrêt à mi-journée. La confection et la mise en place des bouquets se fait durant les temps morts. On est ouvert cinq jours et demi par semaine, sans compter les abonnements aux entreprises, livrés le lundi », détaille Pierre… On vous le dit, ce sont des passionnés. Heureusement que leur appartement se trouve juste au-dessus !

Et puis, nouvelle aventure en 2006 avec ouverture depuis septembre. L’agence bancaire quitte le coin de l’immeuble. Le Maire propose cette surface de 107 m² à Jacqueline et Pierre - à condition de conserver la boutique précédente. La décision est prise. Un périlleux saut sur place est effectué. Les fleurs iront s’épanouir là où se trouvait la banque – divine surprise ! ...
... pendant que la boutique initiale, plus petite, sera dédiée à la déco et à l’épicerie fine. Avec un souci de sortir des sentiers battus. « Je marche au coup de cœur » nous confie Jacqueline, « beaucoup de recherche sur Internet, deux fois par an la salon Maison et objets à Paris et puis les salons professionnels qui ont lieu en Belgique et Hollande avec des produits exposés sur 25000 m² et le système cash and carry… Je choisis des produits sympas, de bonne qualité, pas trop chers » [1]. Le packaging (l’emballage) aussi a son importance : une bonne part des achats de la boutique DECO sont des cadeaux qu’on fait aux autres… ou à soi-même.
« Je regrette juste que certaines compositions de fleurs ou certains objets trop originaux, un peu trop « branchés », ne passent pas très bien. » ajoute Pierre. La clientèle pourtant se presse dans les deux boutiques. D’ailleurs, l’accueil n’est pas en reste. On vient aussi pour échanger des nouvelles, plaisanter, commenter les nouveautés… Dans l’espace fleurs, le coin canapé et table basse doit s’enrichir bientôt d’une théière et d’une cafetière. [2]