Expression citoyenne... sans opinion ?
mardi 13 février 2007, par Franck Henry
Cyberpolice, filtrage, surveillance électronique, contrôle des forums de discussion… Ces termes à la Big Brother sont des réalités dans des pays habitués à ne pas respecter les droits de l’homme. La conférence "Liberté d’expression sur Internet" organisée dans le cadre du Festival de Romans le vendredi 2 février 2007 [1] était à ce propos accablante : en Chine, en Iran, en Egypte, à Cuba, en Ethiopie, en Tunisie... la liberté d’expression est un combat où l’on risque sa vie. Notre pays démocratique nous permet de nous exprimer dans les limites légales. Même si nous devons être vigilants par rapport à une vision sécuritaire d’Internet [2], nous sommes loin des cybercontrôles policiers, des brimades morales et physiques, des menaces de prison.
Et localement ?
Pour MontBouge, l’objectif était de profiter de la dynamique du Festival de Romans pour faire peau neuve [3] et surtout mettre en place une communication de terrain que nous n’avions jamais eu l’audace de réaliser depuis notre création en 2003 ! Ce fut l’occasion de se frotter ou, au choix, de se fritter avec un affichage public : tout d’abord, les aléas des panneaux dits libres [4] pour se heurter à une douce censure d’opinion.
Si MontBouge est en finale, alors que nous avons représenté notre commune, c’est sans l’aide logistique de la Mairie. Nous le regrettons. Suite à notre demande d’afficher un tract sur les panneaux officiels afin d’inciter les montrougiens à voter pour notre journal électronique, le directeur du service communication de la ville a argumenté que « Votez www.montbouge.info » faisait « trop communication d’opinion » ! Une expression citoyenne sans opinion, serait-ce le nouveau créneau de démocratie locale ? Une façon subtile mais réelle de refuser à une association locale, la ville est à nous (éditrice de MontBouge) une communication... publique ! Heureusement, des commerçants nous ont soutenus : l’école de musique CNJ Music School, les boutiques informatiques Sooni informatique et Planete info, le coiffeur Christophe Carli, la pizzeria Caesar, la boutique du futur, l’espace Colucci. Même la médiathèque ne nous a pas tenu rigueur de notre regard critique [5]. Sans compter nos lecteurs d’un jour ou de toujours qui ont soutenu notre initiative. Qu’ils en soient tous très sincèrement remerciés.
La censure cache son nom, avance feutrée, sournoisement invisible. Telle une politique de l’autruche. Outre notre mésaventure concernant la lisibilité publique que nous demandions pour être affiché sur les panneaux municipaux, nous sommes soumis à de doux mais bien réels bâtons dans les roues. La mairie sait communiquer dans son bulletin municipal qualifié de magazine [6] lorsque des médias parlent (en bien) de Montrouge. Sauf quand des journalistes, tels ceux de Zurban, identifient des débats contradictoires [7]. Que penser aussi du refus actuel (à l’heure de ces lignes) du Maire de nous accorder un reportage sur la médiathèque alors que nous souhaitions réactualiser notre vision de 2005 [8] ? Un apolitisme municipal très partisan dans les faits. Rappelons le, MontBouge porte un regard citoyen (donc politique) sur notre Cité. Sans parti (politique) pris. La municipalité ne semble pas l’avoir compris. C’est dommage... mais il n’est jamais trop tard ! Car dans démocratie [9], n’y-a-t-il pas justement l’idée de débat contradictoire, argumenté et constructif ?
Edition d’une rencontre
Notre édition de février revient en long et en large sur le festival de Romans mais à travers le prisme de l’expression citoyenne : interviews de cybercitoyens ("Place aux alterlocalistes"), réflexion sur les clichés entendus dans ce festival ("Cirage et coups de pompes à Romans", sans oublier d’autres critiques constructives ("De l’after à l’alter... Romans" illustré d’une planche de BD de Jean-Claude, notre nouvel aventurier, qui nous apporte ses traits dessinés). Expression qui s’exprime également sur notre territoire local : interpellation de nos élus sur le Plan local d’Urbanisme ("PLU : lettre ouverte aux conseillers municipaux"), second épisode d’une histoire de démolition, rue Louis Rolland ("Démolition, manipulation (2)"), plongée dans la boutique-atelier de Clémentine Collinet : la sardine ("Poisson d’enfance") et dans l’oeuvre de Moebius, alias notre Giraud montrougien ("Jean Giraud MOEBIUS : un drôle de personnage".
Mais au fait, qui est derrière MontBouge ? Comment est réalisé ce journal mensuel ? Quels sujets serait-il intéressant de traiter ?... Afin d’échanger avec l’équipe de MontBouge, dans une ambiance conviviale et participative (chacun amène à boire et à manger), nous vous convions à notre première rencontre de lecteurs d’un jour et de toujours le vendredi 16 mars à partir de 20h. Réservation indispensable, en envoyant un message à la rédaction : redaction@montbouge.info. Faîtes passer l’information. Une façon également de s’exprimer...
[1] Conférence animée par Julien Pain, journaliste spécialisé dans les nouveaux médias et responsable du bureau Internet et libertés de Reporters sans Frontières dont l’article, paru dans Le blog Médias, "Bienvenue dans l’ère des dictatures web 2.0" reflète la teneur de son intervention. A ses côtés, Cai Chongguo, professeur de philosophie et auteur du blog "Journal d’un chinois" et Réza Moini, journaliste et responsable du Bureau Iran de Reporters sans Frontières.
[2] Lire "Les sites d’expressions citoyennes en danger ? Question de droits d’auteur".
[3] Lire « Nouvelle année et nouveau look ».
[4] Lire « Passe ton BAC d’abord ou comment on se colle à la STIC ».
[5] Lire « La bibliomédiathèque ».
[6] Montrouge magazine est l’organe d’information municipale.
[7] Lire l’article "On Zurbanise ?".
[8] Lire l’article "La bibliomédiathèque".
[9] Le D d’UDF à laquelle notre Maire est encarté ne se veut-il pas démocratique ?