Pour Montrouge, c’est Royal !
Zoom sur les résultats de l’élection présidentielle à Montrouge : une future ville sociale-démocrate ?
Dimanche 6 mai 2007, 20 heures : les résultats sont tombés ! Avec 53,06% des voix, Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République Française pour 5 ans, fort d’une très confortable avance (plus de 2 millions de voix) et d’une participation exceptionnelle (16% d’abstention seulement). Mais qu’en a-t-il été à Montrouge ? Reprenons le cours des résultats [1]...
A l’échelle nationale, le résultat cumulé des "grands" partis que sont l’UMP, le PS et l’UDF (que l’on peut aussi nommer partis de "gouvernement") a été bien meilleur en 2007 (75%) qu’en 2002 (45%) : vote utile oblige (ainsi que la division et l’essoufflement des petits partis), les "extrêmes" ont été fortement délaissés.
A Montrouge, la tendance a été encore plus forte puisque UMP, PS et UDF ont totalisé 85% des suffrages (et 51% en 2002). Mais dans la commune, ce phénomène n’a profité qu’à Ségolène Royal et François Bayrou (et pas du tout à Nicolas Sarkozy) :
- Royal : 31% à Montrouge contre 26% sur la France entière,
- Bayrou : 23,5% contre 18,5%,
- Sarkozy : 30% contre 31%.
Royal était donc très légèrement devant Sarkozy, alors qu’elle accusait 5% de retard en France.
A l’inverse, cette logique a ramené le résultat de Jean-Marie Le Pen à un niveau plus bas que prévu, la diminution de son score étant particulièrement nette à Montrouge : 50% de chute, de 11% en 2002 à 5,5% en 2007 (en France, le résultat de Le Pen a baissé d’un tiers, de 17% à 10,5%).
Quant aux autres candidats, même Olivier Besancenot n’a pas vraiment réussi à Montrouge ce qu’il a réalisé à l’échelon national : devancer tous les autres (2,8% à Montrouge / 4,1% en France)
Avec 1.000 voix d’avance, Ségolène Royal a remporté 52,5% des suffrages sur la commune de Montrouge.
Avec un maire UDF qui soutenait Bayrou au 1er tour avant d’appeler à voter Sarkozy au 2ème tour, on pouvait penser que l’électorat de Bayrou allait plus qu’ailleurs voter pour celui qui va maintenant présider le pays. Or si globalement en France, les électeurs de Bayrou se sont également partagés entre Royal et Sarkozy, il semble qu’à Montrouge, la majorité d’entre eux ait choisi Royal. En effet, au 1er tour, la gauche totalisait près de 40%, la droite 37% (et Bayrou 23%) : Royal a donc, entre les 2 tours, augmenté son score de 13% quand Sarkozy n’en a gagné que 10%...
Dans les quartiers de Montrouge, Royal a remporté la bataille électorale dans 20 des 28 bureaux de vote [2], notamment la quasi-totalité de ceux implantés dans l’ouest et le sud-ouest de la ville : comme elle a devancé Sarkozy dans l’ouest et le sud-ouest de la France... Coïncidence géographique...
A l’échelon national, tout le monde s’est félicité -à juste titre- de l’exceptionnel taux de participation : près de 84%, au 1er comme au 2ème tour. La population montrougienne a fait encore mieux, notamment au 1er tour : plus de 88% de votants (et 86,5% au 2ème tour).
Pourtant en 2002, les habitants de la commune s’étaient sensiblement moins rendus dans les urnes qu’ailleurs :
- au 1° tour 2002 : 65% de participation à Montrouge contre 71,5% en France,
- au 2° tour : 77% à Montrouge contre 79,5% en France.
De 2002 à 2007, et bien qu’il soit difficile de comparer les 2 élections (le 2° tour 2002 n’étant heureusement comparable à rien !), le rapport de force gauche / droite à Montrouge semble avoir évolué en faveur de la gauche, de 3 à 4 points.
A l’échelon national, les résultats ont montré que le vote Sarkozy augmentait sensiblement avec l’âge des votants, et devenait prépondérant dans les milieux populaires.
Or à Montrouge, les prix de l’immobilier ont flambé, la politique urbanistique de la ville a dissuadé les plus modestes et attiré des actifs plutôt aisés (voire des "bobos" parisiens)... La population de la commune est donc certainement plus jeune et aisée en 2007 qu’en 2002. Ségolène Royal doit donc sa victoire montrougienne au rajeunissement de la ville et -paradoxe inquiétant pour un parti de "gauche"- à une diminution du nombre de foyers populaires...
Plus généralement, le bon niveau de vie de la commune, ajouté à son atmosphère paisible, rend moins efficaces les discours des partis extrêmes (de l’exaspération face à la mondialisation de l’extrême gauche, aux angoisses sécuritaires de l’extrême droite) comme les discours extrêmes des partis "classiques" (de "l’encadrement militaire" de Royal à la "liquidation" de mai 68 par Sarkozy)...
Bref, un berceau idéal pour la social-démocratie, loin des trotskystes d’une part et des nationalistes d’autre part ... Si Bayrou et Strauss-Kahn s’associaient, ils feraient un malheur à Montrouge !!!
Mais n’anticipons pas et attendons d’abord les prochaines élections législatives : les 10 et 17 juin, on choisira l’Assemblée Nationale et la circonscription de Bagneux-Malakoff-Montrouge, son député : quand on connaît les résultats des élections présidentielles à Bagneux et Malakoff, ajoutés à ceux, plus inattendus, de Ségolène Royal à Montrouge, on se dit que le(la) candidat(e) UMP a du travail...
[1] Pour tout savoir :
résultats 2007 - Montrouge
résultats 2007 - France entière
résultats 2002 - Montrouge
résultats 2002 - France entière
Et en cherchant bien sur les pages précédentes, on trouve les résultats sur toutes les régions, tous les départements, toutes les communes...
[2] Résultats détaillés par bureaux de vote : voir le fichier excel
Une future ville sociale-démocrate ? La ville est centriste et tant que les "socialistes" continuent de se disputer le parti (et que Bécassine Royal règne sur le PS), nous ne sommes pas prêts de changer de bord ! En effet JL MEtton a fait un travail remarquable et son opposant PS le dit lui-même dans les pages des certains magazines...
Cependant, il est vrai que l’arrivée massive de bobos à Montrouge a facilité la victoire de Royal, la naïveté de la jeunesse dorée, comme l’on dit... oui naïveté quand on voit l’inconsistence de raisonnnement économique de la dame (aujourd’hui tout le monde semble le découvrir ce qui est assez pathétique et hypocrite il me semble !).
Quant aux résultats des législatives avec des communes comme Malakoff et Bagneux misérablement communistes, il sera assez difficile de faire entendre une voix raisonnable que ce soit à droite ou à gauche à moins d’un soudain changement idéologique des habitants.
vous avez parfaitement raison ; les bobos qui ont acheté des appartements à MONTROUGE, parce qu’ils n’en avaient pas les moyens à PARIS ont provoqué à tort, au sein de la population montrougienne, une réaction contre la construction de logements neufs, contre lesquels ils s’élèvent ensuite, eux-même, avec des arguments tels que "bétonnique aigüe" ;
alors que il a été construit de nombreux logements sociaux, mais qui n’en ont pas l’apparence car la municipalité en place n’a pas voulu faire dans le misérabilisme pour rendre captif son électorat, comme dans certaines municipalités trés voisines dont Montbouge se délecte à longueur d’année, voulant les donner en exemple.
Ces mêmes BOBOS, mais ils ne se reconnaissent probablement pas dans cette désignation, veulent avoir plus que ce dont ils se contentaient (ou se seraient contentés) à PARIS.
MONTROUGE est une ville bien gérée et quasiment sans dette, probablement parce que cette ville n’a pas été gérée depuis des lustres par une gauche dépensière qu’on connait bien dans les départements et les régions, il faut le dire et le faire savoir ; La municipalité a le souci du bon usage de l’argent du contribuable.
Comme c’est beau à lire ces lignes parfaitement caricaturales ! La gauche misérabiliste, c’est d’un éculé ! Comme c’est beau de lire que la nouvelle population a tort de ne pas aduler le maire ! Comme ce serait mieux si tout le monde pensait comme lui ! Comme tout irait mieux si la démocratie n’existait pas : comment peut-on oser critiquer la municipalité ?!
Allons, joyeux drilles de droite, vous avez le droit de protéger votre "champion", mais n’allez pas dire que vous faites du social : tous les logements sociaux construits ces dernières années l’ont été sous contrainte de la loi, pas par bonté sociale du maire, ça se saurait !
Après une profonde réflexion, un argument de poids et d’une rare finesse, "les logements sociaux sont construits pour respecter la loi". Eh oui, mon bon Monsieur, voilà maintenant qu’il ne faudrait plus respecter la loi pour faire plaisir aux lecteurs de Montbouge, C’est vraiment super intéressant comme argument.MERCI ON EN VEUT ENCORE...
Merveilleuse votre réponse ! Vous confirmez que c’est bien sous la contrainte de la loi que vous faites du logement social. S’il n’y avait pas de loi... pas de logement social ! C’est beau le monde vu par Metton.
Encore plus risible : quel maire de n’importe quel parti est prêt à accueillir plus de logements sociaux que demandé par la loi ? Vous vous en offusquez mais pourquoi ? Pour le plaisir de s’offusquer ! OK j’avoue là que je comprends mieux... Vraiment il est vrai que ces barres de la banlieue communiste de Bagneux sont tellement plus attirantes que les beaux immeubles des ZAC de Montrouge...
Arrêtons l’hypocrisie...
Il faut en effet créer la diversité, et 20% est le quota pour le faire, c’est déjà bien d’y parvenir. Si on ne veut pas créer de villes ghettos, il est important de ne pas construire que ça, car il est clair que les habitants des HLM eux-mêmes ne rêvent pas de vivre dans ce type de villes anarchiques ou dans des barres immondes.
Risible, risible ? Il y a des choses dont il ne faut décemment pas trop rire (surtout quand on est un bien logé).
Selon la fondation de l’Abbé Pierre, le mal logement touche 3 millions de personnes. Sans parler de ceux qui consacrent plus du tiers de leur (petit) revenu à se loger. Comment sortir de cette honte ? Un logement décent et à prix correct pour chacun, n’est-ce pas le minimum qu’on peut attendre dans une société développée ? Entre autre grâce au logement social. Jean-Louis Borloo lui-même en admettait le déficit puisque son Plan de cohésion sociale (2005) prévoit de construire 500 000 logements sociaux en 5 ans. Effort louable, s’il est effectivement tenu, mais qui est à compléter et prolonger.
Neuilly sur Seine, la commune dont Nicolas Sarkozy fut maire de 1983 à 2002 compte 2,6% de logement social (oui, 2 virgule 6). Beau respect de la loi par celui qui est devenu notre Président. Les « bien élevés » de Neuilly préfèrent payer des pénalités pour rester entre eux (ghetto de riche) et fabriquer des ghettos (de pauvres) ailleurs, dans ce que vous appelez les « villes anarchiques » (celles où vit la racaille, sans doute ?) ou dans la « banlieue communiste », comme vous dites (on dirait que vous parlez d’un autre pays). Risible ou sordide ? Où donc se loge l’hypocrisie ?
Sorti des frontières de Montrouge et de ses merveilleuses (selon vous) ZAC tout n’est-il donc que désordre ? On a effectivement des communes voisines avec 40% de logement social. Montrouge a connu des taux semblables dans le passé et aujourd’hui on est descendu (et nous pas monté) à 20%, le minimum légal. Et avec l’explosion du prix du foncier et du locatif, l’ancienne population de Montrouge (ou ses enfants) a pour partie dû aller se loger ailleurs. Est-ce vraiment une si grande réussite ?
Quant à la politique des barres lancées dans les années 60, vous savez bien qu’elle n’a plus cours depuis longtemps. Vous avez dû voir ces barres qu’on dynamite. Le logement social qu’on construit depuis longtemps déjà c’est autre chose : des unités petites ou moyennes et ce qu’on appelle du « diffus ».
Pour revenir aux élections et terminer sur du constructif, voilà une proposition très républicaine à soumettre à nos élus ou futurs élus : dans les QUARTIERS qui en ont un faible pourcentage, prévoir 30% de logement social pour les opérations immobilières nouvelles. A moduler selon les communes. Si Neuilly veut rattraper son retard, c’est du 100% qu’il lui faudrait appliquer !!