L’opposition de Montrouge se montre et se bouge
12 décembre à 20h30, gymnase Maurice Arnoux, lieu choisi pour la
deuxième réunion publique de la principale liste d’opposition aux
les prochaine municipales, liste qui regroupe aujourd’hui le PS, le PRG et les Verts.
La première réunion du 23 octobre avait laissé un goût d’inachevé, voire des hésitations [1]. La question était : "cela a-t-il bougé depuis ?"...
20h30 donc, et une petite cinquantaine de personnes (soit 1/1000ème de la population, un électeur sur 500 !), -souhaitons que les prochaines réunions rassemblent plus de monde-, est là pour débattre, mais aussi écouter les propositions des candidats de la principale liste d’opposition à Montrouge. Parmi elles, quelques têtes connues dans les milieux associatifs, et dans l’ensemble, un public motivé et plutôt acquis a priori au projet.
Séverin Prené (secrétaire de section du PS de Montrouge) qui mène les débats, nous présente rapidement les intervenants : Wilfried Vincent, la tête de liste, plusieurs membres du PS mais aussi du PRG et des Verts, notamment en la personne de Carmelina de Pablo. On nous annonce que le PC pourrait se joindre à cette liste et que leur absence se justifie par un processus de désignation plus long au PC qu’ailleurs ; ce qui laisse un peu interrogatif : à se perdre trop longtemps dans des querelles d’appareil, le PC local ne rate-t-il pas le premier train de la campagne qui s’annonce ? Bref, il faut être là aux grands rendez-vous et la liste qui unit déjà le PS, le PRG et les Verts est en soi une bonne nouvelle car elle sous-entend un projet élaboré collectivement, ce qui serait une nouveauté dans cette ville, vu le fonctionnement autocratique de l’équipe en place.
À la différence de la réunion précédente, c’est la première esquisse d’un programme qui est dessinée ce soir. Clairement positionnés à gauche, décidés à "rétablir les lignes" (entre gauche et droite - NDLR), les interlocuteurs se relaient et déclinent les 3 thèmes majeurs du programme - éducation, solidarités, développement durable - sur chaque secteur de la possible future politique de la ville.
En insistant sur un axe transverse : insuffler de la démocratie "dans une ville où seul le prince décide, où le conseil municipal a été vidé de ses pouvoirs de consultation, et de négociation". Cette réunion, comme la précédente, veut être l’illustration de la démarche qui anime les intervenants : "c’est ce que nous ferons pendant 6 ans : continuer la concertation et associer les Montrougiens aux processus de décision".
Sur chacun des trois thèmes, et à tour de rôle, les intervenants font d’abord un état des lieux critique de la politique municipale actuelle, avant de présenter les grandes lignes du programme qu’ils souhaitent mettre en oeuvre. Le programme définitif (qui semble déjà en grande partie écrit, mais qui pourra être amendé au vu des réactions du public) sera dévoilé début janvier. Mais déjà, quelques grandes lignes sont annoncées [2] : constatant le sous-dimensionnement de l’offre publique, en particulier dans le domaine de l’enfance, Séverin Prené annonce "la construction d’une nouvelle crèche et d’un groupe scolaire". Sur le thème des solidarités, Catherine Levert, regrettant "le service minimum" de la politique actuelle, présente des pistes de mesures en faveur des plus démunis, des personnes âgées, des handicapés, des chômeurs. Enfin, Carmelina De Pablo souhaite aller bien au-delà des timides avancées de la Mairie en matière de développement durable ; autour de plusieurs axes : dont l’habitat et l’économie d’énergie, les déplacements urbains... Et en proposant quelques mesures concrètes.
Une autre bonne nouvelle est sans aucun doute la remise en question complète du PLU tel qu’il a été voté le 19 décembre. Ce sujet du P.L.U. nous est cher à Montbouge [3] car il trace les grandes perspectives de développement de la ville pour les 15 à 20 prochaines années. Et tel qu’il a été présenté, il ressemble à une conception de la ville que Pompidou et les 30 glorieuses n’auraient pas reniée : toujours plus de bureaux, moins de limites de construction, l’objectif de concevoir une ville uniforme dans le style de Levallois, entourée d’une muraille de bureaux censée isoler de la pollution.
À l’inverse
de la politique urbanistique actuelle qui enferme Montrouge, un autre projet ambitieux est de développer l’intercommunalité (sous une forme non encore définie) avec nos proches voisins, Malakoff, Bagneux, Gentilly... notamment afin de mutualiser certains programmes. Ont aussi été évoqués, pêle-mêle : des projets de prévention de la délinquance, de développement d’actions solidaires et de logement social, des projet de développement de l’isolation thermique, de diagnostic des performances énergétiques des bâtiments publics de Montrouge...
Arrive l’heure des questions de la salle, sur les sujets qui préoccupent l’auditoire : quelles sont les marges de manœuvres financières ? les rapports avec les entreprises et la taxe professionnelle ? les problèmes d’emplois ? dans quel état sont les finances de la ville ? quelles sont les solutions pour les crèches ? comment mieux faire face à l’explosion depuis 6 ans du nombre d’enfants scolarisés à Montrouge ? quelles réponses apporter à la délinquance ? quels sont les projets en matière de démocratie locale ? quid des évolutions du plan de circulation ? et les questions autour de l’écologie... Une salve de préoccupations auxquelles les réponses apportées semblent encore un peu elliptiques, alors qu’on voudrait disposer de propositions plus précises et chiffrées. Sans doute parce que les travers de la campagne présidentielle sont encore très présents dans les esprits. Le projet, on l’a dit, est promis pour début janvier ; le chiffrage, pour fin janvier 2008.
On aurait aimé aussi un peu plus d’information sur les moyens de
communication envisagés, afin d’atteindre l’objectif fixé de prendre
la mairie en mars. Ce sera pour une prochaine fois.
La séance est levée vers 23 h. Un peu plus étoffés, et à n’en pas douter, plus volontaires, une équipe et un projet commencent à se dessiner. Souhaitons que les quelques semaines qui nous séparent des élections permettent aux co-listiers de roder leur discours, de peaufiner le programme, de trouver la force et le dynamisme nécessaires pour toucher un grand nombre de nos concitoyens afin de faire bouger Montrouge, en faire une ville ouverte et orientée non plus vers des intérêts privés de groupes industriels ou du BTP mais vers le confort de vie des Montrougiens, et pour l’essor de la vie sociale, culturelle et économique locale.
[1] Lire "PS : recherche contenu pour projet municipal"
[2] Nous citons ici quelques extraits des annonces faites. Pour retrouver l’intégralité du programme, il faudra se rendre sur le site de campagne de la liste de gauche
[3] Lire à ce sujet les articles de la rubrique "Architexture".