Branaa "victime" de la démocratie locale
vendredi 17 avril 2009, par ,
Mars 2009 : Jean-Eric Branaa a été limogé de son poste de Maire-adjoint. Bref retour sur cette péripétie de la vie politique locale, avant un plus long développement dans la prochaine édition.
Rappel préliminaire : après avoir obtenu près de 10% de voix au premier tour des élections municipales de mars 2008, Jean-Eric Branaa a fusionné sa liste avec celle de Jean-loup Metton, au second tour, faisant ainsi son entrée au conseil municipal, accompagné de 4 représentants du Modem.
Il est immédiatement nommé 2ème adjoint au Maire, délégué à la Démocratie locale, à la Règlementation publique et aux Relations internationales.
4 mars 2009, au Conseil municipal : après lecture par le Maire du rapport sur les orientations budgétaires de Montrouge pour 2009, et suite à l’opposition argumentée de Wilfrid Vincent (groupe PS-Verts-Radicaux) et de Catherine Robineau (groupe PC), Jean-Eric Branaa prend la parole, notamment pour "relever des manquements et imprécisions dans le document présenté", pour "évoquer un manque de transparence quant aux modalités de décisions et d’appréciation des besoins" et pour regretter que le rapport soit "un document d’expert", peu compréhensible pour la population.
Jean-Loup metton, surpris [1], se contente de répondre que "ces questions relèvent du débat sur le budget primitif 2009 et qu’il (JE Branaa) trouvera dans ce document réponse à ses questions".
Fin du premier acte de la tragi-comédie montrougienne.
Pour mieux "vivre" le paragraphe qui suit, écouter l’enregistrement sonore, disponible au bas de l’article
25 mars 2009, au Conseil municipal : Le Maire de Montrouge lit son arrêté (du 13 mars 2009) qui expose sa décision de retirer les délégations et l’indemnité attribuées jusqu’alors à Jean-Eric Branaa. Face à la demande d’explications de Catherine Robineau qui souligne que "si cet acte découle de l’intervention du 4 mars de M. Branaa, cela montrerait que le Maire ne supporte aucune contradiction", Jean-Loup Metton rappelle, fidèle à ses habitudes, qu’il n’a pas à justifier un retrait de délégation. Cela tient de son seul pouvoir.
Le Maire ajoute qu’il revient à l’assemblée, qui a été témoin de la séance du 4 mars, d’en tirer les conséquences. Il demande qu’on procède au vote "pour" ou "contre" le maintien de Monsieur Branaa dans ses fonctions de Maire-adjoint. Un scrutin est en effet nécessaire pour entériner une telle décision.
Après une courte intervention de Wilfrid Vincent, Jean-Eric Branaa prend la parole, pour un discours solennel de quelques minutes [2] : il rappelle "qu’il est entré au conseil municipal sur la base d’un partenariat avec Jean-Loup Metton... qui ne prévoyait pas une allégeance à la politique du Maire", il souligne "qu’il y a eu des divergences... et aussi de nombreux points d’accord", il espère que "certains projets qu’il a proposés comme les conseils de quartier seront menés à terme, sans être dénaturés" et précise "qu’il continuera à travailler, observer et intervenir...mais plus tout à fait dans la majorité et pas davantage dans l’opposition".
Puis c’est le vote. Les 10 élus d’opposition et JE Branaa n’y participant pas, les 32 élus de la majorité (dont les 4 Modem) votent à bulletin secret.
Résultat : 32 votants, 31 "contre", 0 "pour", et 1 suffrage nul. Jean-Eric Branaa redevient simple conseiller municipal.
Fin du deuxième acte.
Evidemment, plusieurs questions se bousculent :
comment chacun des acteurs de la pièce a-t-il participé à son écriture ?
Jean-Eric branaa a-t-il écrit sa partition en solo ou avec ses alliés ?
que pensent les élus Modem et pourquoi ont-ils "lâché" Jean-Eric Branaa ?
comment ce dernier voit-il son nouveau rôle, dans la politique locale future ?
quelles ont été les motivations du Maire dans sa décision d’évincer son adjoint ?
les délégations retirées seront-elles réattribuées et les projets initiés par l’adjoint déchu menés à terme ?
...
Tentatives de réponses dans notre prochaine édition...
La bande-son [3], où l’on reconnaîtra, par ordre d’apparition sonore, Jean-Loup Metton, Catherine Robineau, Wilfrid Vincent, Jean-Eric Branaa :
[1] Le Maire, tellement peu habitué à la contradiction à l’intérieur de sa majorité, commet un lapsus en reprenant la parole : "Monsieur Vincent, euh, Monsieur Branaa..."...
[2] Intervention résumée dans le compte-rendu du Conseil municipal
[3] Rappelons que la diffusion d’un tel enregistrement est tout à fait légale, conformément à l’article L2121-18, extrait du CODE GENERAL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES :
Les séances des conseils municipaux sont publiques. (...) Sans préjudice des pouvoirs que le maire tient de l’article L. 2121-16, ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle.