Du vert et des bancs !
Rue Louis Rolland. Une dame âgée peine à avancer ; marche à petits pas. Dans une main, un sac à provision qui semble vide. De l’autre main, elle s’appuie sur une canne. Où va-t-elle ? J’ai vite fait de la rattraper, de la dépasser. Elle a le dos penché. Je me dis que cette course est peut-être sa sortie du jour. Il fait doux, soleil et ciel bleu. Quand je suis au bout de la rue, je me retourne, elle est bien loin encore. Je me demande où elle va et comment fera-t-elle si elle doit revenir chargée… Il y a quelque temps, une autre s’était assise sur un rebord, contre mon immeuble. Elle rentrait du marché, chargée. Je l’avais raccompagnée jusque chez elle, au bout de la rue. Près pour moi mais loin pour elle !
De la nationale 20 à la boulangerie du coin avec la rue Victor Hugo – près du marché – aucun banc ! Depuis, je regarde s’il y en a et pas seulement dans les deux, trois rues commerçantes mais dans tout Montrouge. Tout un chacun peut avoir envie ou besoin de se reposer ; attendre un moment ; bavarder avec un voisin rencontré ; lire son journal dehors en regardant passer le monde, en écoutant – à cette saison – chanter les merles.
Par exemple, près de la piscine. A propos, ce bel arbre et le vert de la pelouse, les fleurs… pourquoi est-ce devenu dalle lisse et vide ? C’est cela, moderniser la piscine ? Il est vrai que pour y entrer il faut payer, mais des arbres, de l’herbe, des bancs gratuits pour que des jeunes désoeuvrés, des vieux peut-être moches y passent du temps ! A quoi pensez-vous, ma bonne dame !
Je pensais, je pensais... Naguère, quand j’allais à la poste, il y avait des fleurs le long de l’Hôtel des Impôts. On a modernisé, mis une rampe pour les personnes en difficulté. Bien, mais qu’est-ce qui interdisait de mettre des bacs profonds, de la terre et des buissons, des fleurs tout le long ?
Prenez garde, l’herbe a un projet : j’ai vu des pieds d’herbe qui ont réussi à pousser aux pieds d’arbres dont on a recouvert le tour en terre, de cailloux… en plastique ! N’oublions pas que sous le bitume il y a la terre. L’herbe chuchotait ; je me suis accroupie. Elle parlait. Elle s’apprête à envahir les trottoirs, les murs, les façades des maisons. Elle a trouvé cette énergie à force d’entendre les montrougiens demander du vert, du vert et des bancs au milieu de l’herbe. La révolution verte est en route. La nuit, allez arroser les pieds d’herbe et vous, menuisiers amateurs, déposez des bancs à tous les coins de rues. Et que notre ville devienne plus joyeuse !
je suis pourtant très critique vis à vis de la ville mais là, je vais dois dire que je vais la défendre !
Il y a quelques années j’ai demandé à ce qu’il y ait un banc entre l’avenue de la république et la place Jean Jaurès, je suis "devenue" handicapée et cela m’était totalement impossible de faire autant de marche sans pouvoir me reposer un moment, et ma demande a été acceptée !Bon, ok, ce serait le rôle du conseiller municipale chargé des personnes agées et handicapées de réfléchir à comment rendre la vie de ses concitoyens plus facile dans sa ville, mais là c’est comme demandé au gouvernement de prendre le chômage à bras le corps ! ;-)))
ceci dit dans le square des Oliviers la mairie a supprimé la dizaine de bancs installés depuis la création de cet espace vert.
pourquoi ? ça dérangeait certains voisins qui avaient certainement peur de la délinquance
pour la mairie : moins de bancs = moins de zonards
pour moi : moins de bancs = moins de vie dans la ville en particulier pour nos "vieux"
Effectivement, ils ont enlevé les bancs dans le square des Oliviers et mis des grilles fermées la nuit aux passages de la rue Théophile-Gautier parce qu’il y avait 4 ou 5 jeunes près du passage, qui papotaient ou écoutaient leur musique aux oreilles, qui étaient sympa, ne faisaient jamais de bruit et étaient polis. Les grilles ont été mises et ils sont allés dans le square pour être assis. Et on a retiré les bancs.
Je trouve ça monstrueux : tous les gens ont droit de cité, pas plus les vieux que les autres. Cela s’appelle de l’ostracisme anti-jeunes, et je suis contre.
La mairie a bien fait de retirer les bancs, n’est-ce pas, comme cela plus personne ne peut s’asseoir.
Quant aux passages fermés par des grilles, il y a un code qui marche une fois sur dix. Une dame de mon immeuble passe par le parking quand elle rentre tard, ne pouvant pas ouvrir avec le code et une autre dame à mon étage paniquait un soir, ne pouvant pas rentrer chez elle.
Cette fausse peur fait que tout devient aberrant.
Il y a effectivement très peu (pas) de banc à Montrouge.
Seulement dans les squares, qui sont vérouillés par des grilles le soir. C’est clairement pour éviter les squats, les rassemblements de jeunes, SDF, etc.
Et pour la place de la piscine il y a clairement un potenciel pour faire une jolie place arborée, fleurie, pleine de vie avec les terrasses des 2 cafés... Trop cher ???
Je ne voterais pas Metton aux prochaines municipales !
Je viens d’arriver à Montrouge : c’est vrai qu’elle est triste, cette grande place vide face à la piscine "soviétique" ! Et ils sont où les parcs et squares, hein !?
J’aime beaucoup le post original, du coup je compte bien me promener la nuit pour arroser l’herbe rebelle, pourvu que ça pousse !
Bonne continuation dans la résistance verte,
isabelle